Les faces cachées de l'information
Par Éric Labbé et Pierre-Emmanuel Moyse
Université de Montréal
| Introduction I.
Internet et la quête de l'information juridique
A. La communication de l'information
1. Une activité promotionnelle
2. Le référencement auprès des outils de recherche
a) Les outils utilisant des robots de recherche
b) Les répertoires ou les outils de recherche hiérarchisés
c) Les commentaires généraux
B. Les moyens de récupération de l'information
1. Les outils de recherche
a) Les outils généraux
b) Les outils de recherche spécialisés
2. La navigation et les lieux de l'information juridique
a) Les lieux de l'information juridique
b) Les incontournables des enjeux juridiques reliés aux liens hypertextes et à
l'appropriation d'informations sur Internet
II. Certains aspects juridiques de l'appropriation
d'informations sur Internet
A. La protection des signes distinctifs sur Internet
1. L'utilisation d'un signe distinctif dans le code source d'un document
2. La reproduction passive ou dynamique du signe distinctif
a) Éléments d'introduction
b) La reproduction passive
c) La reproduction dynamique
B. Les moyens de protection spéciaux de l'information
1. L'extension de la protection des marques au-delà du
principe de spécialité et de l'usage en tant que marque
a) Les innovations des droits nationaux
b) Le droit international
i. Les internationaux de type législatifs
ii. Les travaux de nature réglementaire et techniques
2. L'apparition des droits sui generis
a) La genèse du droit d'extraction déloyale
b) La reconnaissance du droit d'extraction déloyale hors du droit
européen
Conclusion : Harmonisation du droit et le projet de loi
américain
|
Introduction
Retrouvons
Jean de la Fontaine. La Fourmi, travailleuse acharnée, composait depuis cet été, un
site Web qui nous était dédié. Elle se trouva fort dépourvue lorsque ses
commanditaires lui annoncèrent d'autres baisses de ses revenus. Plus un seul autre
bandeau, publicité ou numéro. Chagrine, la Fourmi consulta ses compteurs qui
transformèrent sa douce mine. La Cigale s'était approprié plusieurs de ses données, le
tout parce qu'elle l'avait liée. "Je me ferai payer, se dit-elle, c'est mon dû,
après tout, cela est bien normal". La Cigale n'est pas voleuse, pas plus qu'il ne le
faut. "Internet, ma chère, nous permet de lier le plus beau, dit-elle à cette
malheureuse". Nuit et jour, pourtant, la Fourmi s'acharnait à son écran : "Je
travaillais sans cesse". "Vous travailliez sans cesse? Eh bien! liez
maintenant..."
L'hypertexte n'est que l'une des techniques employées pour s'approprier l'information
d'autrui. Notre fourmi est loin d'être sortie de sa petite misère. L'Internet procure de
nouvelles dimensions à l'information mais également de nouvelles techniques
d'appropriation. Utilisées abusivement, celles-ci génèrent des conflits mettant en
relief l'expression d'un sentiment propriétaire de leurs "victimes". Le
droit commun nous enseigne que la propriété confère les fruits et revenus au
propriétaire. Dans plusieurs domaines cependant, il a été souhaitable d'édifier des
droits spécifiques en faveur de certains propriétaires : les auteurs, les commerçants,
les interprètes... A l'heure des réseaux ouverts, plusieurs se demandent si le contexte
de l'Internet ne favorise pas aussi la création de droits particuliers en faveur des
diffuseurs de contenus. Cette question requiert une analyse de la mouvance de
l'information dans l'Internet pour obtenir une réponse adéquate.
Nous avons donc
choisi d'insister, dans une première partie (I), sur la communication et la
récupération de l'information dans l'univers du cyberespace. Cela autorise la
découverte des premières faces cachées de l'information et met en relief
l'importance de l'activité promotionnelle reliée à la diffusion des contenus. Nous en
profiterons également pour diriger les nouveaux juristes du réseau vers les ressources
d'intérêts en restreignant notre sujet à l'information juridique.
Dans une seconde
partie (II), nous ferons plutôt état des aspect juridiques de l'appropriation
d'informations sur Internet. Aux confluents de cette analyse, nous proposerons le droit
d'extraction déloyale comme solution originale mais adéquate aux problèmes que
génèrent les nouvelles techniques d'appropriation de l'information.
I.
Internet et la quête de l'information juridiqueI.
Internet et la quête de l'information juridique
L'avènement des
systèmes informatisés de recherche documentaire a transformé la qualité des recherches
en droit. En favorisant l'accessibilité des contenus, ces nouveaux instruments
documentaires autorisent des recherches plus exhaustives. Toutefois, et contrairement à
une idée répandue, le temps investi par les juristes à la recherche n'a pas
nécessairement régressé. Avançons simplement qu'à temps égal, les résultats des
recherches entreprises ont sûrement gagné en qualité.
L'Internet juridique,
ce bassin numérique de ressources en droit, est l'un de ces réseaux octroyant au
professionnel du droit un moyen de plus en plus efficace de repérage documentaire et de
diffusion de contenus. Le juriste peut y gagner en rapidité, améliorer ses relations
professionnelles, accéder à de la documentation traditionnellement introuvable et
bénéficier plus aisément du travail de ses pairs. La quête de l'information sur
l'Internet juridique n'est toutefois pas une panacée. Elle se conçoit selon deux pôles
interdépendants qui limitent naturellement son fonctionnement et son utilité : la
récupération de l'information et sa communication.
En effet, au moment
où nous écrivons ces lignes, la récupération de l'information juridique sur le réseau
Internet demeure encore une activité tortueuse réservée aux initiés, des chercheurs
aguerris d'une longue expérience de navigation sur notre autoroute - à voies plus que
multiples - de l'information. Cette première limite s'explique par la structure même du
réseau, une agglomération décentralisée et toujours croissante de milliers
d'ordinateurs pouvant transmettre et recevoir des communications. Ce qui ne signifie pas
une absence d'outils de repérage. En fait, le problème relèverait plutôt du contraire,
les outils de recherche Internet ne cessant de se multiplier et de se spécialiser1.
La communication des
contenus sur Internet génère encore plus de contraintes. Les modalités d'indexation et
de diffusion de l'information emporte, sur Internet, une communication des contenus
limitée d'abord par les intérêts de leurs détenteurs à sa diffusion et ensuite par la
qualité de leurs stratégies promotionnelles. En effet, l'information n'y est diffusée
que par la prise d'initiatives gouvernementales, universitaires, commerciales ou
philanthropiques et son indexation s'y construit davantage autour d'un certain
volontarisme. Bien que des outils de recherche parcourent le réseau Internet dans
l'objectif d'organiser entre eux le plus de documents possibles2, les contenus sont indexés selon les désirs de leurs
auteurs et les paramètres techniques que ces derniers daignent programmer. Une activité
de promotion qui se révèle souvent décevante tant pour eux que pour les utilisateurs de
ces outils de recherche.
Par conséquent, le
juriste désireux d'entreprendre une recherche sur Internet doit non seulement maîtriser
les outils de recherche mais bien comprendre leur fonctionnement et connaître la qualité
du corpus documentaire auquel il fait face.
Dans l'espoir de
fournir ici des moyens efficaces de recherche de l'information juridique sur Internet,
nous aborderons ces deux pôles qui, selon nous, demeurent les principaux obstacles à la
quête de l'information sur Internet. Nous entamons donc, en premier lieu, la manière
dont se communique l'information sur le réseau Internet (A) pour ensuite entreprendre, en
second lieu, ses moyens de récupération (B).
A. La
communication de l'information
Pourquoi
s'intéresser à des considérations aussi techniques que la manière dont se communique
l'information sur le réseau Internet? L'utilisateur doit comprendre que la recherche
documentaire sur Internet se heurte à l'importante concurrence qui affecte ce réseau.
Lorsque nous effectuons une requête sur un outil de recherche, nous sommes en présence
de millions d'utilisateurs motivés par le désir, généralement relié à un intérêt
commercial, de faire connaître leurs informations, créations, biens ou services. Chacun
d'entre eux espère se hisser au sommet des résultats de notre requête et ainsi obtenir
un haut taux de fréquentation. En somme, Internet n'est pas un index organisé de
documents répertoriés par une autorité compétente, ce que nous pouvons qualifier
d'index traditionnel tel que l'Index à la documentation juridique au Canada (I.C.J.C).
La communication de
l'information sur Internet est donc plus une activité de promotion qu'une activité
d'indexation. Ce dernier constat reflète la transformation rapide d'Internet vers un
réseau à forte utilité commerciale. D'ailleurs, une enquête effectuée pour le Bureau
de la publicité Internet du Canada a révélé une augmentation de 516% des revenus
publicitaires canadiens sur Internet de 1996 à 19973. Les enquêteurs estiment une augmentation de 133% pour
l'année 1998.
Nous devons par
conséquent énumérer brièvement les moyens de promotion existants (1) et constater
l'importance de cette activité pour ensuite traiter du plus important d'entre eux, le référencement
auprès des outils de recherche (2).
1. Une activité
promotionnelle
Outre la soumission
de documents électroniques à un outil de recherche, la promotion sur l'Internet n'a rien
d'étranger aux moyens traditionnels. Que ce soit de la publicité organisée ou du bouche
à oreille, Internet n'est qu'un autre médium par lequel il est possible de promouvoir
ses biens et services : publicités sur des sites fréquemment visités4, envois de messages par courrier
électronique et sur des groupes de nouvelle5,
articles promotionnels de revues en ligne, échange de liens hypertextes6, commanditaires, prix de qualité7, etc.
Certes, l'objectif
n'est pas de décrire ici chacun de ces moyens de promotion mais plutôt de préciser que
toute information juridique sur Internet, s'agissant de la loi, de la jurisprudence ou de
la doctrine, doit faire l'objet d'une promotion pour être récupérée par ses
destinataires. Les auteurs et concepteurs de sites juridiques doivent nécessairement pousser
l'information à leurs destinataires, nul autre personne ne s'en préoccupant par
ailleurs. C'est dans cette optique que nous pouvons constater un nouveau courant sur
Internet, le push technology, qui permet de récupérer une foule d'informations à
jour par le biais d'un logiciel client tel que le Netcaster de la compagnie Netscape.
Utilisant des canaux, et non des pages Web, la technologie du poussé8 permet à l'internaute de
personnaliser son programme et d'obtenir l'information de son choix, au moment voulu, et
sous la forme qui lui convient9.
Ainsi, cette nouvelle technologie diminue le temps de recherche passé à récupérer de
l'information sur Internet puisque les utilisateurs n'ont plus à tirer (pull) les
contenus indexés pas les outils de recherche10.
Cependant, aucune
compagnie ne fait présentement dans le push juridique, sauf bien sûr, des banques
de données de réseaux fermés tels que Westlaw et Lexis11 qui ne répertorient pas, nous tenons à le préciser,
les contenus juridiques du réseau ouvert qu'est Internet12. En 1997, le fournisseur Westlaw a donc conclu une
entente avec la compagnie Netscape sur la création d'un canal dédié aux nouvelles
juridiques13. Lexis a plutôt
opté pour son principal concurrent, Microsoft et son Active Desktop, avec lequel
il produira 4 canaux juridiques14.
Le principal fournisseur canadien, Quicklaw, ne semble pas avoir été séduit par cette
nouvelle technologie.
Bref, la technologie
du poussé reste à venir et pourrait s'avérer fort intéressante quant aux brèves
d'information, c'est-à-dire les nouvelles toute chaude du monde juridique. La diffusion
des milliers de contenus juridiques par cette technologie n'est toutefois pas acquise et
reste à prouver, si tel est son ambition. Cela correspondrait à accomplir le travail
déjà effectué par les outils de recherche qui dépendent largement du référencement
des diffuseurs de contenu.
2. Le référencement
auprès des outils de recherche
Le principal moyen de
promotion des contenus juridiques sur Internet demeurant le référencement auprès
des outils de recherche, nous tenons donc à préciser son fonctionnement et du même
coup, la meilleure façon de le réaliser.
Assurer la meilleure
indexation possible d'un document électronique suscite la difficulté de la pluralité
des outils de recherche virtuels, outils différents tant par leur façon de nous
présenter leurs informations que par leurs méthodes d'indexation. Un outils de recherche
peut être définit comme un " [p]rogramme qui indexe le contenu de différentes
ressources Internet, et plus particulièrement de sites Web, et qui permet à l'internaute
qui utilise un navigateur Web de rechercher de l'information selon différents
paramètres, en se servant de mots-clefs, et d'avoir accès à l'information ainsi
trouvée "15.
Avant d'aborder
quelques recommandations générales (c), il est préférable de résumer les principes
permettant une meilleure indexation selon les différents types d'outils de recherche,
soit les outils utilisant des robots (a) ainsi que les répertoires auxquels sont
associés les outils classiques de recherche (b).
a) Les outils
utilisant des robots de recherche
Les
robots utilisés par ces outils recueillent automatiquement les informations contenues
dans les documents électroniques qui leur sont soumis. Quoique ces robots se distinguent
par leur méthode d'indexation, il nous est possible de dresser les principes généraux
qui permettent une meilleure indexation. Nous devons ensuite constater une importante
distinction qui est celle des robots utilisant les balises META du langage HTML16. Enfin, nous ferons état de
quelques conseils permettant de bénéficier du processus automatique d'indexation des
robots de recherche.
Les
principes généraux
Un
premier principe consiste à fournir aux robots de recherche un titre évocateur,
original, relativement court et surtout représentatif du contenu du site par le biais de
la balise TITLE17. Ce titre
devrait débuter par le mot le plus représentatif du contenu puisque que c'est
généralement la première information que les robots de recherche s'approprient.
L'URL18 du document HTML,
c'est-à-dire son adresse Internet, doit également évoquer ce contenu, les robots de
recherche utilisant cette information pour indexer les documents qui leur sont soumis. Le
nom du répertoire et celui du document devraient donc être des mots-clefs représentant
le contenu du document que nous soumettons à un outil de recherche automatisé19.
La création de
mots-clefs constitue une étape cruciale lors de la création d'un document HTML. En
effet, certains robots de recherche20
créent leurs propres descriptions et leurs propres mots-clefs selon le contenu des
documents qui leur sont soumis et d'autres présentent leurs résultats selon la technique
du scoring21,
c'est-à-dire selon le pourcentage issu du nombre de mots-clefs recherchés sur le nombre
total de mots présents dans un document.
Les mots-clefs que
nous incorporons à nos documents doivent cependant être significatifs, variés et
recherchés. Pour obtenir les mots-clefs les plus efficaces, il est recommandé
d'exécuter une recherche pour le type de documentation que nous désirons soumettre.
L'ajout du pluriel aux mots-clefs est également un atout puisque les robots de recherche
considèrent généralement que le pluriel comprend le singulier.
Il faut noter que
certains robots ne retiennent que le début des documents que nous leur soumettons. Les
premières phrases de notre document doivent donc être chargés de nos meilleurs
mots-clefs. Ce qui implique de reléguer les informations moins pertinentes à la fin du
document.
Enfin,
il est utile d'annoncer un nouveau site Web dans des groupes de nouvelles annonçant les
nouveautés22, dans un site
web tel que celui du CERN et surtout, dans un répertoire tel que Yahoo!. En effet,
certains robots de recherche y puisent leurs informations. Une bonne indexation dans un
répertoire prend donc tout son sens23.
Les
robots de recherche utilisant les balises META
Les
outils de recherche tel qu'Alta Vista, Infoseek et Hotbot utilisent les balises META des
documents qui leur sont soumis aux fins de leur indexation. Cette méthode simplifie la
tâche des auteurs de documents HTML puisq'elle leur permet de diriger les robots de
recherche vers les mots-clefs ou phrases-clefs24
choisis par le concepteur du document et vers une courte description de celui-ci25. Il va de soi que la
description et le choix des mots-clefs demeurent cruciaux.
Les
défaillances des robots de recherche
De toute
évidence, les robots de recherche fonctionnent de façon automatique. Il est donc plus
facile de contourner les règles d'indexation de ces outils de recherche. En effet, le
robot auquel nous soumettons un document ne réalise pas une indexation juste et objective
à moins, bien sûr, d'être programmé à cet effet ! Puisqu'en règle générale le
classement d'un document dépend de la quantité de mots-clefs que les robots de recherche
y retrouvent, la répétition de mots-clefs dans un document s'avère très pertinente.
Toutefois, cela se révèle aussi très ennuyeux pour les visiteurs d'un tel document.
Différentes méthodes peuvent résoudre ce problème. Une première solution est
d'incorporer la répétition de mots-clefs dans une balise de commentaires <!> (ex.:
<! mots-clefs, mots-clefs...>). Également, le concepteur du document peut colorer
la répétition de la même couleur que le fond du document en prenant soin d'utiliser une
petite police de caractère. Ces méthodes rendent les répétitions de mots-clefs
invisibles pour le visiteur.
Cependant, les
auteurs de documents utilisant une telle technique se doivent de bien choisir les outils
de recherche auxquels ils soumettent leurs documents puisque certains d'entre eux ne
tolèrent plus cette attitude et relèguent ces documents au dernier rang lorsqu'ils ne
les suppriment pas26. S'il
faut considérer que les robots de recherche les plus populaires iront eux aussi en ce
sens, il est à conseiller de ne pas répéter un mot-clef plus de trois fois dans un
document HTML, surtout s'ils sont regroupés.
Puisque la politique
de ces outils de recherche est assez récente, il est possible d'atténuer la concurrence
en soumettant les adresses des documents de nos concurrents ayant indexé des
répétitions de mots-clefs avant l'instauration de cette politique. Par conséquent, ces
documents seront relégués aux oubliettes, et les autres, propulsés au sommet de la
liste.
Il va sans dire que
la stratégie des pages satellites qui consiste à créer des pages d'accueil différentes
pour chaque mot-clef n'est pas plus tolérée par ces robots puisque cette stratégie
s'appuie sur la répétition de mots-clefs. Une bonne page satellite consiste donc en une
répétition de mots-clefs tant dans la balise TITLE que dans le corps du document et en
une passerelle vers la page d'accueil originale27. Pour d'autres robots de recherche, une telle stratégie
s'avère encore très efficace. Une dernière astuce concernant
les robots de recherche est celle de la multiplication des titres. Cette astuce consiste
à changer régulièrement les titres d'un document soumis aux robots de recherche. Lors
de la visite d'un site pour la mise à jour de leurs banques de données, certains robots
indexent à nouveau les pages y figurant sous des titres différents de la dernière mise
à jour.
b) Les
répertoires ou les outils de recherche hiérarchisés
L'inscription d'un
document HTML dans un répertoire (outil de recherche hiérarchisé tel que Yahoo!) se
fait par le biais d'un formulaire et non par l'intervention d'un robot28. Ces formulaires requièrent
généralement un titre, une description et des mots-clefs relatifs au document qui leur
est soumis. Il est donc utile de prévoir quelques textes avant de débuter la soumission
d'un document à un tel outil de recherche. Préparer des descriptions de 25, 100 et 200
caractères constitue une bonne économie de temps et satisfait les différentes limites
octroyées par les divers outils et donc, une meilleure indexation.
Ce qui distingue
également les répertoires des outils de recherche tel qu'Alta Vista est la disposition
de l'information et des résultats selon des catégories et des sous-catégories. L'étape
essentielle est donc de choisir la catégorie et les sous-catégories les plus pertinentes
pour le document à soumettre. Une erreur souvent commise est de considérer que les
catégories de même nom ont la même signification pour tous les répertoires. Par
exemple, la sous-catégorie " Santé : Pharmacie " du répertoire Carrefour.net
ne correspond pas à celle du répertoire Yahoo!. Ce dernier subdivise cette
sous-catégorie alors que le premier y indexe tous les sites se rapportant à la
pharmacologie29. De plus,
notons qu'il est possible de suggérer une nouvelle catégorie si aucune ne semble
pertinente pour le document en question. Enfin, l'inscription au sein de diverses
catégories, si possible, améliore les chances d'être repéré.
L'une des astuces
pour réussir à indexer un document au sommet d'une catégorie est de débuter le titre
par une lettre entre A et C puisque les documents sont généralement indexés par ordre
alphabétique. De plus, un titre débutant par un caractère dont la valeur en ASCII est
faible, tel que le caractère étoile (*), est indexé avant celui débutant par la lettre
A. Toutefois, cette astuce ne vaut que pour les catégories ayant une grande quantité de
sites répertoriés. En effet, les catégories ne comptant qu'une vingtaine de sites
apparaissent à l'écran dans leur totalité sans que les utilisateurs aient à descendre
la barre de défilement de leur navigateur. De ce fait, les sites répertoriés profitent
d'une meilleure visibilité que ceux indexés dans une catégorie plus importante.
c) Les
recommandations générales.
Nous abordons ici les
recommandations qui nous semblent applicables à tous référencements auprès des outils
de recherche. Disons d'abord que les outils de recherche n'indexent pas toujours la
totalité d'un site Web, c'est-à-dire l'ensemble des pages reliées entre elles par une
page d'accueil, par la seule soumission de l'URL de la page d'accueil30. Il est donc conseillé de
soumettre tous les documents que contient un site Web. Pour une meilleure indexation, ces
documents doivent évidemment contenir les balises TITLE et META.
L'une des questions
souvent posées est celle des modifications ou mises à jour des documents soumis aux
outils de recherche. Il n'est jamais nécessaire de soumettre une seconde fois un document
lorsque cela ne modifie en rien la description du contenu ou des mots-clefs, c'est-à-dire
lorsque l'essence du contenu n'a pas été modifié. En d'autres cas, on doit
impérativement soumettre une seconde fois, même si l'outil de recherche affirme le faire
automatiquement.
Une dernière
recommandation, et non la moindre, est de procéder à une vérification régulière de
l'indexation auprès des outils de recherche. L'interrogation hebdomadaire des outils de
recherche constitue une étape essentielle du référencement auprès des outils de
recherche sans laquelle un taux élevé de fréquentation est impensable.
L'information sur
Internet nous est donc révélée dans un cadre compétitif qui met continuellement en
relief l'aspect promotionnel de l'indexation. Ce constat emporte une recherche de
l'information dépendante de l'expérience des chercheurs mais tout autant de ceux qui
détiennent les contenus. Récupérer la documentation juridique désirée peut s'avérer
un exercice parfois décevant mais, lorsque bien menée, la recherche sur Internet se
révèle indispensable.
B. Les moyens de
récupération de l'information
En l'absence de
méthode miracle, nous devons énumérer ici les principes directeurs d'une recherche
fructueuse sur Internet. Nous pouvons identifier les deux principaux moyens que sont les
outils de recherche et la navigation sélective.
Contrairement à
l'expression " outil de recherche ", le concept de navigation sélective n'est
pas courant. Nous désirons utiliser ce terme pour exprimer l'exploration des sites Web
pertinents à une recherche spécifique par l'utilisation des hyperliens rencontrés lors
d'une séance de navigation. Ce second moyen peut apparaître quelque peu mystique mais
doit se comprendre sur un réseau qui n'est finalement qu'un enchevêtrement de toiles. En
effet, dans un monde virtuel s'opérant essentiellement par l'hypertexte31, la " découverte "
de l'information se réalise surtout par l'entremise des hyperliens. Ceux-ci peuvent se
définir par des " [c]onnexions activables à la demande dans le Web, reliant des
données ayant une relation de complémentarité les unes avec les autres, et ce, où
qu'elles se trouvent dans Internet "32.
L'internaute est amené à activer quatre types de liens hypertextes selon la
programmation utilisée par les concepteurs de sites Web. Le premier type est le lien
hypertexte simple. Il s'agit d'une connexion activable vers une page d'accueil,
c'est-à-dire la page au sommet de la hiérarchie d'un site Web. À l'inverse, un lien
vers une page secondaire est un hyperlien profond (deep linking). En ce sens, plus
une page secondaire est éloignée de la page d'accueil dans la hiérarchie, plus un lien
hypertexte peut être qualifié de profond. Le troisième type implique le cadrage (framing)
du site du concepteur de lien emprunté par un visiteur. Chacune des fenêtres générées
par le cadrage constitue une page Web indépendante. Par conséquent, un utilisateur qui
accède à ce site peut cliquer sur un hyperlien à partir d'une fenêtre et obtenir la
page Web de destination dans une autre fenêtre sans quitter la page d'origine du lien
hypertexte. Le dernier type, l'insertion par liens hypertextes (inline linking),
est plus subtile. Cette programmation rend possible l'insertion dans une page Web d'une
image -- ou d'un quelconque fichier multimédia -- située sur n'importe quel serveur de
l'Internet accessible par un URL.
Par les différents
types d'hyperliens sur lesquels il naviguent, l'internaute est amené à composer sa
propre sélection de sites. La navigation sélective constitue donc un moyen de
récupération de l'information reposant sur la nature même de l'Internet.
Nous estimons qu'il
vaut mieux parler de moyens que de méthodes de recherche. Les outils de recherche et la
navigation sélective sont plus des voies par lesquelles nous récupérons l'information
que des démarches ordonnées et rationnelles de recherche. En ce sens, les lignes qui
vont suivre relèveront beaucoup plus du principe que de la règle scientifique.
Nous ne voulons pas
opposer la recherche à la navigation sélective ou préférer l'une à l'autre. Ces deux
voies sont tout aussi efficaces et ne sont pas exclusives. Nous croyons qu'elles doivent
toujours être utilisées en complément l'une de l'autre. C'est dans cette optique que
nous les présentons.
1. Les outils de
recherche
La récupération de
l'information par un outil de recherche s'effectue grâce à un formulaire dans lequel
s'inscrit un ou plusieurs mots-clefs. Le base de données d'un outil de recherche,
c'est-à-dire l'ensemble des sites qui y sont indexés, peut ainsi être interrogée.
Comme nous l'avons
déjà précisé, les outils de recherches se multiplient de plus en plus et leurs bases
de données, différentes les unes des autres, s'élargissent de jour en jour. Bien
entendu, nous pouvons constater que la même recherche effectuée sur l'un de ces outils
ne donnera pas les mêmes résultats que sur un autre. Selon la faculté de préciser les
requêtes et le fonctionnement des outils de recherche, la performance d'une requête, du
point de vue documentaire, peut varier de beaucoup. On peut apprécier cette performance
par le taux de silence (les documents pertinents ne sont pas retrouvés) et le taux de
bruit (plusieurs documents non pertinents ont été récupérés) que nous révèle une
recherche.
Certes, l'indexation
automatisée favorise des bases de données plus volumineuses que celles créées
manuellement. Par exemple, Alta Vista répertorie un plus grand nombre de sites Web que
Yahoo!. Toutefois, il faut admettre que les requêtes adressées à ce dernier procurent
un taux de bruit moins élevé. Voilà la principale, voire l'unique considération qui
peut être faite entre ces deux types d'outils de recherche à l'exception, bien sûr, de
l'organisation de l'information selon des catégories, ce qui donne aux répertoires tel
que Yahoo! des bases de données plus cohérentes.
Distinguer les outils
de recherche selon leur méthodes d'indexation nous apparaît donc inutile du point de vue
des recherches possibles dans leurs bases de données. Nous préférons d'abord nous
consacrer aux outils de recherche généraux et aux requêtes pouvant y être effectuées
(a). Nous y décrirons plus particulièrement l'outil de recherche qui reçoit les
meilleures critiques, soit Alta Vista. Nous terminerons avec les outils spécialisés en
contenus juridiques et les possibilités qu'ils offrent (b).
a) Les outils
généraux
Dans une
démarche préalable, il faut déterminer une foule de critères avant d'exécuter une
requête sur un outil général de recherche. Notre requête vise-t-elle un sujet
particulier, avons-nous une préférence pour la langue des documents à récupérer,
visons-nous une ressource Internet en particulier (le Web, Usenet, FTP, etc.),
préférons-nous des documents récents? L'opération n'est pas vaine. La détermination
de ces critères importe dans le choix des différents outils de recherche.
La
précision de l'information recherchée
La
recherche d'informations générales par sujet invite à l'utilisation d'un répertoire
tel que Yahoo!. Le contenu de ces outils de recherche y étant moins volumineux et leur
présentation plus cohérente, il est plus facile d'y retrouver de l'information
générale que sur une base de données créée automatiquement à partir d'un robot
informatique tel qu'Alta Vista. Ce qui ne veut pas dire qu'une recherche sur un sujet
précis ne doit pas débuter dans un répertoire. Lorsque nous connaissons peu le sujet
précis dont nous avons à traiter, les répertoires sont d'intéressants points de
départ. L'information générale que nous y retrouvons autorise la formulation de
requêtes plus précises sur des bases de données plus importantes dont le contenu n'a
pas été préalablement catégorisé par le personnel de la société opérant l'outil de
recherche. En effet, l'emploi de termes spécifiques recourt plutôt à des outils de
recherche tel qu'Alta Vista et Infoseek où les résultats peuvent s'avérer plus
fructueux.
Pour
sauver du temps, certains utilisateurs seront tentés d'utiliser les méta-index, des
outils permettant d'effectuer une recherche dans plusieurs index à la fois33. Pour une recherche
générale, cela peut être pratique, mais pour une recherche plus précise, il faut
constater que les méta-index ne peuvent tirer le maximum des possibilités particulières
qu'offrent certains outils de recherche, tels que les différents types de recherche et
les opérateurs pouvant être utilisés dans les recherches par mots-clefs. Un opérateur
peut se définir comme un mot ou un symbole indiquant un type d'association entre les
différents mots-clefs d'une requête donnée.
Les
types de recherche et les opérateurs
Bien
sûr, nos requêtes se font, peu importe l'outils de recherche que nous utilisons, par
l'emploi de mots-clefs en langage naturel. Toutefois, une simple requête par mots-clefs
est rarement efficace. À moins de mots-clefs très techniques et peu utilisés sur
Internet, le taux de bruit est généralement proportionnel au volume de la base de
données. D'où la nécessité de connaître le fonctionnement précis des opérateurs.
Avec l'outil Alta Vista, il faut utiliser l'option Recherche évoluée pour
bénéficier de ces symboles34.
Il existe plusieurs
opérateurs dont la fonction est de préciser nos requêtes. Cependant, certains outils de
recherche ont leurs propres opérateurs et d'autres n'en utilisent que quelques-uns. Les
opérateurs booléens AND, OR, NEAR et NOT sont les plus connus35. Pour la plupart des outils et
pour l'option Recherche simple d'Alta Vista, l'opérateur AND est représenté par
le symbole moins (-) et l'opérateur NOT, par le symbole plus (+)36.
Un autre opérateur
non négligeable et autorisé par plusieurs outils de recherche est le guillemet37. Cet opérateur permet de
regrouper des mots-clefs pour en faire des phrases-clefs. Formant un tout, les
phrases-clefs peuvent être employées comme des mots-clefs, c'est-à-dire avec ou sans
autres mots ou opérateurs. Les guillemets aident généralement à restreindre les
résultats d'une requête mais peuvent également éliminer des documents pertinents. Il
faut donc les utiliser, comme tout autre opérateur, avec diligence.
Outre ces
opérateurs, l'outil de recherche Alta Vista permet l'utilisation du caractère
générique de l'astérisque, supporte les caractères multinationaux et effectue des
recherches à opérateurs multiples. L'astérisque est employé pour chercher les
variantes orthographiques d'un mot ou des mots contenant une disposition orthographique
similaire. Ainsi, une requête telle que constitution* récupère des documents contenant
les mots constitution, constitutionnel, constitutionnalisé, etc. Les documents contenant
des caractères multinationaux, c'est-à-dire des accents ou d'autres marques
diacritiques, sont retournés par le moteur de recherche bien que l'utilisateur ait omis
de les inscrire dans sa requête. Enfin, il est possible d'effectuer une requête
comportant plusieurs opérateurs en utilisant les parenthèses38.
Deux autres
opérateurs peuvent s'avérer intéressants mais ne sont pas utilisés par le moteur de
recherche d'Alta Vista. Il s'agit d'abord de la possibilité qu'offrent certains moteurs
d'activer la recherche de documents semblables à un exemple donné, c'est-à-dire à un
document pertinent déjà récupéré. Nous nommons cet opérateur à titre d'exemple.
Une recherche générale portant sur la propriété intellectuelle en général est
susceptible de retourner un document sur la doctrine de la concurrence déloyale. Si un
tel document intéresse l'utilisateur, ce dernier peut, selon son désir, cliquer sur le
lien hypertexte à titre d'exemple afin de récupérer des documents semblables.
Le
second opérateur, le case sensitive, permet de récupérer des mots-clefs à titre
de nom propre en les inscrivant en majuscules39.
Lorsqu'il y a plusieurs noms propres, la virgule sert à les séparer. Cet opérateur peut
être avantageux lorsqu'un terme est également utilisé au sens commun.
Le
langage des documents à récupérer
La
langue demeure toujours une barrière et le réseau Internet n'y échappe pas. La
recherche documentaire dans un langue est toutefois facilitée par la nature même des
outils de recherche puisqu'ils fonctionnent tous par l'emplois de mots-clefs, et donc
selon le langage utilisé pour ces derniers. Une requête en français sur un outils
n'indexant que des documents en langue anglaise peut cependant apparaître très
insatisfaisante. D'où la nécessité d'utiliser plusieurs langues lorsque nous effectuons
des recherches sur l'Internet et surtout, celle de Shakespeare. Toutefois, il existent
plusieurs outils de recherche francophones très efficaces comportant des bases de
données assez considérables40.
Nous devons préciser
qu'un outil de recherche peut indexer des documents dans une autre langue que celle de son
interface. C'est même généralement le cas, à l'exception des répertoires où les
documents écrits en d'autres langues sont rarement référencés. Notons par ailleurs que
le répertoire Yahoo! offre différents répertoires selon le critère géographique, et
donc, de manière implicite, selon le critère de la langue. À titre d'exemple, le
répertoire Yahoo!France gère les documents de langue française.
L'outils
de recherche Alta Vista est sans doute l'un des meilleurs moteurs pour effectuer une
recherche selon le critère de la langue. Permettant une recherche dans la langue
désirée, il offre également un service de traduction automatique. Encore à titre
expérimental, ce service ne traduit cependant qu'un maximum de trois pages par site,
traduction qui n'est pas toujours réussie.
Les
ressources et les éléments spécifiques recherchés
Les
documents indexés par les outils de recherche sont généralement des documents HTLM et
donc, des documents de la ressource télématique World Wide Web (Web). Pour certaines
recherches, il est toutefois intéressant de récupérer de l'information sur d'autres
ressources telles que Gopher41,
les groupes de nouvelle Usenet, les sites FTP42
et les serveurs Telnet43.
Certains outils de recherche se spécialisent dans la documentation d'une ou de plusieurs
de ces ressources. Par exemple, le moteur Deja News répertorie les messages expédiés
sur les groupes de nouvelles Usenet et le moteur Lycos, en plus d'indexer des pages Web,
indexe également les documents en mode Gopher et les sites FTP44.
Le moteur de
recherche d'Alta Vista indexe tant les documents HTLM que les messages Usenet. Il permet
également, pour chacune de ces ressources, de retrouver des documents en précisant des
mots-clefs soit pour la totalité d'un document - comme nous l'avons déjà vu - soit pour
l'un de ses éléments. Ainsi, nous pouvons spécifier dans quel élément spécifique
nous désirons retrouver nos mots-clefs dans un document HTLM: les ancres, les applets
Java, les noms de domaine, les ordinateurs, les images, les liens, le texte, les titres et
les URL45. Pour les messages
Usenet, il s'agit des éléments spécifiques suivants: le nom des expéditeurs, les
sujets des messages, les noms des groupes de nouvelle, les champs résumés et les champs keywords46.
Avant de terminer
cette section que nous avons consacré aux outils généraux de recherche pour aborder les
outils spécialisés en contenus juridiques, nous désirons préciser que le moteur de
recherche Alta Vista offre la possibilité de classer les résultats d'une recherche selon
d'autres mots-clefs que nous lui spécifions et rend possible une recherche limitée à
une période précise.
Enfin, nous pouvons
terminer en affirmant que l'utilisation d'un seul outil général de recherche ne peut
satisfaire les conditions d'une recherche juridique de qualité. Des recherches bilingues
et évoluées sur deux à trois des outils généraux nous apparaît être une bonne
approche de ces moyens de récupération de l'information. Bien sûr, les outils
spécialisés en contenus juridiques permettront de consolider la recherche générale.
b) Les outils
spécialisés en contenus juridiques
Pour une recherche
strictement juridique, les outils de recherche spécialisés en contenus juridiques
devraient être, bien sûr, les premiers outils à considérer avant les outils généraux
de recherche. Nous devons cependant constater qu'il n'existe, à notre connaissance, que
quelques outils de recherche spécialisé en contenu juridique. Ce qui ne signifie pas
qu'aucun autre site n'offre une base de donnée sérieuse. Une multitude de banques de
données et de compilations de ressources juridiques ont été réalisées mais ne
constituent pas de véritables outils de recherche comme le sont Alta Vista, Lycos, Yahoo!
et les autres. LawCrawler est l'un des seuls outils spécialisés
en contenus juridiques. Il s'agit d'un outil créé et entretenu par Alta Vista. Il rend
possible une recherche parmis tous les contenus juridiques du World Wide Web et permet les
requêtes par pays47. Tout
comme les outils généraux de recherche, il est possible d'y soumettre des documents HTML
pour indexation. LawCrawler permet également les requêtes booléennes, les phrases-clefs
et les mots-clefs pour les images et URL des documents HTLM à récupérer.
Tout comme Alta Vista
est le robot de recherche par défaut du populaire répertoire Yahoo!, LawCrawler est
celui de l'index juridique Findlaw, un répertoire de liens vers les lois, la
jurisprudence, les articles de revues, les facultés de droit et les associations
juridiques. Findlaw répertorie également son contenu par sujets et branches du droit.
Des requêtes similaires à celles permises sur LawCrawler peuvent y être effectuée.
Étant très
orienté, comme la plupart des index de ressources juridiques, vers le droit américain,
FindLaw redirige presqu'en tous les cas ses utilisateurs à son robot de recherche lorsque
la requête vise le documentation juridique provenant d'un autre pays. Cependant, il
fournit une liste complète bien que non exhaustive des ressources juridiques pour plus de
70 pays. D'origine américaine, Findlaw et LawCrawler n'ont que des interfaces anglaises
malgré leur destination plus générale qu'est la documentation juridique sur l'ensemble
du WWW. Peut-être une transformation s'effectura sur ce plan de la même façon que
Yahoo! et Alta Vista sont devenus multilingues.
2. La navigation
et les lieux de l'information juridique
L'expérience de
navigation tant sur les outils de recherche généraux que spécialisés nous amène à
constater la richesse et la diversité des ressources juridiques que nous procure
Internet. Au fait, les requêtes auprès des outils de recherche nous font plus découvrir
d'autres ressources juridiques que de l'information précise sur un sujet donné. Plus
nous utilisons les outils de recherche, plus nous découvrons les lieux de l'information
juridique.
La plupart des
logiciels de navigation permettent, par l'emploi de signets ou " bookmarks
", la création de nos propres compilations de ressources juridiques. Une bonne
compilation nous permet de récupérer l'information en navigant simplement par
l'entremise de nos signets. Il s'agit d'une deuxième voie permettant la récupération de
l'information juridique sur Internet qui nécessite, bien sûr, la connaissance de ces
lieux.
Nous décrirons donc,
dans un premier temps, les différents types de lieux de l'information juridique (a). Dans
le souci de ne pas alourdir le texte, nous préférons réserver nos exemples aux enjeux
juridiques des liens hypertextes, ce que nous ferons dans un second temps (b).
a) Les lieux de
l'information juridique
Nous croyons d'abord
utile d'entreprendre les lieux de l'information juridique selon les sources
traditionnelles du droit pour ensuite nous consacrer à des lieux plus cybernétiques.
Ainsi, nous décrirons successivement les bases législatives, les bases
jurisprudentielles, les revues de droit, les informations destinées aux praticiens, les
organisation mondiales et les gouvernements, les actualités juridiques, les lettres à
caractère juridiques et enfin, les points de départ, ou plutôt, les compilations de
liens juridiques dans des domaines spécialisés.
Plusieurs
gouvernements ont créé des bases législatives interrogeables par le biais d'Internet.
Évidemment, la valeur des lois indexées n'y est pas officielle bien que la base de
donnée soit mise à jour régulièrement dans le cas de certains États. Il est
également possible, dans de rares cas, de consulter les projets de loi et leur statut
dans le processus législatif. La base de donnée américaine est à cet égard très
impressionnante. Si les lois deviennent de plus en plus présentes sur Internet, ce n'est
cependant pas le cas de la législation déléguée. Quelques pays seulement rendent
disponible la réglementation et les décrets gouvernementaux, tel que le gouvernement
canadien.
Tout comme la
législation, la jurisprudence fut, bien avant que les gouvernements s'en préoccupent,
diffusée de façon incomplète et disparate par des organisations privées, des
universités et des particuliers désireux de transmettre des décisions judiciaires
d'actualité. Aujourd'hui, nous pouvons constater que la plupart des décisions prises par
les plus hautes instances judiciaires des pays occidentaux font l'objet de bases de
données ou de simple indexation. Les États-Unis, pays de common law, demeure
toujours d'avant-garde dans la diffusion ordonnée des décisions de ses tribunaux
inférieurs sur Internet. Bien sûr, nous ne discutons pas ici des serveurs payants tels
que Westlaw (États-Unis) ou Quicklaw (Canada) pour lesquels Internet n'est qu'un autre
moyen d'accéder à leurs bases de données.
La doctrine, source
plus décentralisée du droit, est indexée dans des bases de données ou répertoires
plus ou moins complets et trop souvent orientés vers la doctrine américaine. Le
répertoire Findlaw dont nous avons discuté un peu plus tôt est sans aucun doute le
meilleur index de la doctrine américaine sur Internet. Américaine ou étrangère, la
doctrine sur Internet est composée d'articles de revues juridiques, académiques ou non,
électroniques ou non, et de publications de juristes émanant de leur propres sites,
qu'ils soient académiques, commerciaux, ou privés.
Ainsi, plusieurs
revues de droit publient leurs articles sur le WWW soit intégralement ou bien sous forme
de résumés. Certaines ne fournissent cependant que les tables des matières. Pour les
étudiants, nos juristes en devenir, rendre disponible leur travaux sur Internet constitue
souvent leurs premières publications. Les différents barreaux publient également
certaines de leurs documentations.
En effet, plusieurs
barreaux ont déjà pignon sur l'autoroute de l'information. Destinés avant tout aux
praticiens, ces sites constituent une des nombreuses ressources utiles au développement
des affaires. Le répertoire Hieros Gamos est à lui seul une incourtournable ressource
pour les praticiens désireux de faire des affaires sur Internet. Cet index répertorie
les organisations juridiques, les études d'avocats, les facultés de droit et ce, en
identifiant les adresses, les noms, les numéros de téléphone et de fax des personnes
ressources. Ce qui est encore plus impressionnant est qu'il offre des interfaces en
anglais, espagnol, français, italien et allemand.
À l'instar des
gouvernements, la plupart des organisations ou instances internationales se sont établies
sur le Web. Généralement, on peut y consulter les informations générales de
l'organisation, les travaux en cours, les sommaires des conférences qu'elle a organisées
ou auxquelles elle a participé et, si tel est le cas, le traité duquel elle est issue.
Nous pouvons énumérer, à titre d'exemple, les organisations ou instances suivantes:
l'O.N.U, l'O.C.D.E, le Parlement européen, l'O.M.P.I, etc.
Une fois que nous
avons obtenu de l'information sur un sujet spécifique, il faut, et c'est tout là
l'intérêt pratique d'Internet, se mettre continuellement à jour, la recherche
juridique, plus que tout autre, le nécessitant. Les journaux en ligne sont, à cet
égard, de véritables mines d'or. Bien sûr, la plupart d'entre eux sont généralement
destinés aux juristes américains et aux enjeux juridiques d'Internet. Nous croyons
cependant que la tendance va, comme la diffusion du droit sur Internet, vers une approche
plus diversifiée de l'information juridique sur Internet.
Un autre des lieux de
l'information juridique est celui, moins officiel mais tout de même intéressant, des
messages archivés provenant de listes de discussion juridiques. On peut y retrouver des
sujets allant de la pratique privée aux questions les plus théoriques du droit et des
discussions constructives sur le plan juridique. Le répertoire LegalMinds, un des outils
de FindLaw, archive la plupart des messages expédiés aux listes de discussion
juridiques, fournit un court index par sujets et permet la recherche dans une base de
donnée.
Enfin, nous ne
pouvons passer sous silence les compilations de liens aménagées sur Internet par
plusieurs juristes, notamment des professeurs de droit. Les plus intéressantes sont
celles constituées pour un domaine particulier du droit, que l'on peut considérer comme
de réels points de départ pour des recherches dans un domaine juridique précis. Ces
compilations nous épargnent souvent des requêtes infructueuses sur des bases de données
dont nous ne pouvons apprécier la pertinence.
b) Les
incontournables des enjeux juridiques reliés aux liens hypertextes et à l'appropriation
d'informations
Nous proposons
maintenant quelques lieux incontournables de l'information concernant les liens
hypertextes et l'appropriation d'informations sur Internet, sujets dont les enjeux
économiques et juridiques sur Internet sont fort connus. Afin de ne pas inutilement
encombrer cet article de liens hypertextes et de répéter ce que nous venons de dire,
nous offrons plutôt aux lecteurs de consulter l'adresse <http://www.digiplace.com/E-law/cyberdroit3.htm>
où ils pourront eux-mêmes apprécier l'importance de ces ressources. Cette page
constitue, en quelque sorte, un point de départ pour les recherches dans ce domaine.
__________________
1 L'outil de recherche Yahoo! en
répertorie plus de 340. Source : http://www.yahoo.com/Computers_and_Internet/Internet/World_Wide_Web/Searching_the_Web
.
2 Nous pouvons déjà imaginer la
lenteur de ce processus face à l'ampleur du réseau Internet et donc, son inefficacité
pour la recherche juridique qui demande une mise à jour constante de l'information.
3
Source : "IAB Internet
Advertising Survey : 1997 Annual Results and Forecast", http://www.iabcanada.com/survey/index.shtml
4 Souvent sous forme de bandes
annonces, c'est-à-dire des publicités sous forme d'images permettant d'accéder, par un
lien hypertexte, au site de l'annonceur.
5 De tels messages pourraient
cependant être qualifiés de spamming, un comportement vraisemblablement prohibé
par les usagers d'Internet. Voir : Éric LABBÉ, "Le spamming et son
contrôle", http://www.droit.umontreal.ca/~labbee
.
6 Il s'agit d'une promotion
mutuelle qui oblige chacune des parties à faire un lien au site de l'autre partie.
7 Plusieurs outils de recherche et
magazines en ligne décernent des prix au sites Web de qualité. Par exemple, l'outil de
recherche francophone Écilia permet aux sites de qualité d'afficher un logo portant la
mention "sélectionné par Ecilia".
8 Le néologisme "technologie
du poussé" est proposé par l'Office de la langue française. L'office note que
"[l]a technologie du pousser représente un nouveau développement du Web et s'oppose
à la technologie du tirer (pull technology) qui est celle qui est utilisée actuellement
par les internautes qui doivent rechercher activement l'information qu'ils désirent et ne
peuvent donc attendre qu'elle leur soit livrée, comme le fait la technologie du pousser.
Les grands noms associés à la technologie du pousser sont : Castanet Tuner de Marimba,
PointCast et BackWeb. Microsoft compte l'intégrer à son navigateur Internet Explorer
sous le nom de Active Desktop et Netscape va faire de même avec Netscape Communicator
sous le nom de Constellation [désormais Netcaster]". Office de la langue française,
"Le vocabulaire d'Internet Plus", http://www.olf.gouv.qc.ca/neuf/pages/vocinter2/internet_OP.html
.
9 Francis PISANI, "Netscape en
poussette", (21 avril 1997) Le Devoir, http://www.ledevoir.com/pla/1997a/210497.html
.
10 Daryl TESHIMA, "Keeping
Current in Electronic Legal Research Methods", (decembre 1997) Los Angeles Lawyer,
http://www.lacba.org/lalawyer/tech/legalresearch.html
.
11 Il s'agit des plus importants
fournisseurs américains de services juridiques informatisés. Leurs services consistent
à diffuser, en texte intégral, de la jurisprudence, de la doctrine, de la législation
et des nouvelles juridiques.
12 La diffusion des contenus
Internet pourrait s'avérer une tâche titanesque peu profitable pour ces fournisseurs
compte tenu de la difficulté de récupération de l'information sur Internet et des
moyens limités que disposent ces compagnies pour créer leur revenus : leurs services
sont déjà fort onéreux et leurs systèmes informatiques ne favorisent pas les revenus
publicitaires.
13 Source : "Netscape Press
Release", http://www.netscape.com/newsref/pr/newsrelease458.html
.
14 Source : "Internet
Explorer Features : Look who's delivering channels to 4.0 users!", http://www.microsoft.com/ie/ie40/features/?/ie/ie40/features/chan-partners.htm
.
15 Office de la langue
française, loc. cit., note 8.
16 L'abréviation HTML signifie HyperText
Markup Language. Il s'agit du " [l]angage de balise de texte qui permet la
création de documents hypertextes affichables par un navigateur Web ". Id.
17 A titre d'exemple :
<HEAD>
<TITLE>Le tarif 22 de la SOCAN</TITLE> </HEAD>
18 L'abréviation URL signifie Uniform
Resource Locator. Un URL est un " [e]nsemble de données permettant d'avoir
accès à l'information d'Internet quand on utilise un navigateur Web et qui contient une
méthode d'accès au document recherché, le nom du serveur et le chemin d'accès au
document ". Les ressources Internet Gopher, Web, News et FTP utilisent les adresses
URL. Office de la langue française, loc. cit., note 8.
19 Par exemple, un document
électronique sur le tarif 22 de la SOCAN devrait être situé à l'URL suivante: http://www.nomdedomaine.com/socan/tarif_22.html
.
20 Tels que les outils de
recherche Excite et Lycos.
21 C'est le cas des outils de
recherche WebCrawler et Alta Vista.
22 Tel que le groupe de nouvelles
"comp.infosystem.www.announce". Un groupe de nouvelles est un " [g]roupe de
discussion faisant partie du réseau Usenet et qui traite d'un sujet particulier ".
Usenet est l'une des ressources accessibles par Internet que l'on peut définir comme un
" [r]éseau mondial distribué de groupes de discussion, constitué d'un ensemble de
serveurs où sont centralisés les articles traitant de sujets particuliers et auxquels
les intenautes ont accès sur demande ". Office de la langue française, loc. cit.,
note 8.
23 Voir section I.A.2.b).
24 Par la commande META de type
KEYWORDS. Exemple:<META NAME="KeyWords" CONTENT="tarif 22, SOCAN,
intermédiaires, babillard électronique, fournisseur d'accès
Internet".
25 Par la commande META de type
DESCRIPTION. Exemple:<META NAME="Description" CONTENT="Article résumant
les enjeux juridiques et économiques du tarif 22 proposé par la SOCAN.">.
26 C'est notamment le cas des
outils de recherche Lycos, Infoseek et Alta Vista.
27 Une passerelle peut être
automatique - par l'emploi d'une balise META - et/ou manuelle - par un lien hypertexte
dans le cas d'un fureteur incapable de lire les balises META.
28 L'outil de recherche Yahoo!
est un répertoire bien qu'il soit possible d'y faire également une requête par
mots-clefs. Notons cependant que l'indexation à cet outil de recherche peut prendre
plusieurs semaines, toutes les soumissions étant traitées manuellement par son
personnel.
29 À titre d'exemple, la
société Jean Coutu devrait être indexée sous la catégorie " Santé : Pharmacie
" du répertoire Carrefour.net et sous la catégorie " Santé : Pharmacie :
Pharmacies@ " ou " Commerce et économie : Sociétés : Santé : Pharmaceutique
" du répertoire Yahoo!.
30 Les outils de recherches qui
prétendent indexer la totalité d'un site par la seule soumission de la page d'accueil le
font généralement selon des délais plutôt déraisonnables.
31 Selon l'Office de la langue
française, l'hypertexte est la " présentation de l'information qui permet une
lecture non linéaire grâce à la présence de liens sémantiques activables dans les
documents ". ". Office de la langue française, " Pour faire le lien
", http://www.olf.gouv.qc.ca/service/pages/p10cab11.htm
.
32 Office de la langue
française, loc. cit., note 8. Le petit Robert offre une définition plus simple du
lien hypertexte : " Un procédé permettant d'accéder aux fonctions ou informations
liées à un mot affiché à l'écran en cliquant simplement sur ce mot ".
33 Il s'agit notamment d'
All-In-One, de Mamma, de Metacrawler et de Savvysearch.
34 L'option Recherche simple
n'autorise que les opérateurs suivants: les guillemets (""), le plus (+), le
moin (-) et l'astérisque (*).
35 Outre par l'outil Alta Vista,
ils sont autorisés, notamment, par Excite, HotBot, Mamma et Yahoo. Certains outils
nécessitent que les opérateurs booléens soient inscrits entre les mots-clefs et sans
espace entre l'opérateur et le deuxième mot-clef (l'opérateur NEAR retourne, pour une
requête sur Alta Vista, les documents contenant les mots spécifiés lorsqu'ils sont à
moins de dix mots l'un de l'autre).
36 Pour l'option Recherche
évoluée d'Alta Vista, les opérateurs booléens peuvent être remplacés par les
symboles suivants : & pour AND, | pour OR, ! pour NOT et ~ pour NEAR.
37 Les guillemets sont notamment
utilisés par Alta Vista, Hotbot, Infoseek, Mamma, MetaCrawler, SavvySearch et Yahoo!.
Notons cependant que le moteur de recherche d'Excite utilise plutôt les crochets pour
regrouper des mots en phrases-clefs.
38 Par exemple : (fai OR
"babillard électronique" OR intermédiaire) AND responsabilité. Notons ici que
l'emploi des majuscules pour les opérateurs est important et que l'emploi des minuscules
pour les mots-clefs permet de retrouver ces mots peu importe les combinaisons de
majuscules et minuscules se retrouvant dans les documents de la base de données de
l'outil de recherche.
39 Notamment, les outils de
recherche Excite, HotBot, Infoseek, Mamma et Yahoo! autorisent le case sensitive.
40 Par exemple: La Toile du
Québec, Carrefour.net, Nomade, Francité, Écilia, Echo, etc.
41 Gopher est un "
[s]ystème basé sur une structure de menus, qui permet la recherche d'information dans
Internet, l'accès à cette information et sa visualisation ". Office de la langue
française, loc. cit., note 8. Contrairement au Web, la ressource Gopher ne
présente l'information que sous forme de texte. Le multimédia n'y est donc pas permis.
On peut donc comprendre le caractère pratiquement obsolète de cette ressource.
42 Il s'agit de l'abréviation de
File Transfer Protocole. Ce sigle est utilisé pour dénommer les applications qui
fonctionnent selon le protocole FTP et les sites Internet où sont stockés des données
accessibles gràce à ce protocole.Id.
43 Un serveur Telnet est un
" [s]ite Internet abritant une base de données à laquelle l'internaute peut faire
appel à partir de son propre ordinateur et ce, pour utiliser les ressources du protocole
Telnet ". Id.
44 On peut retrouver des sites
Telnet par le moteur de recherche EINet Galaxy.
45 Ces recherches s'effectuent de
la manière suivante:
Pour
les ancres: anchor:mot-clef
Pour les applets Java: applet:mot-clef
Pour les noms de domaine: domain:mot-clef
Pour les ordinateurs: host:mot-clef
Pour les images: image:mot-clef |
Pour les liens hypertextes: link:mot-clef
Pour le texte seulement: text:mot-clef
Pour les titres: title:mot-clef
Pour les URL: url:mot-clef |
46 Ces recherches s'effectuent
de la manière suivante:
Pour
les noms des expéditeurs: from:mot-clef
Pour les sujets: subject:mot-clef
Pour les noms des groupes: newsgroups:mot-clef |
Pour les champs résumés: summary:mot-clef
Pour les champs keywords: keywords:mot-clef |
47 Il ne s'agit pas de la documentation portant
nécessairement sur le droit du pays en question mais plutôt de la documentation
juridique provenant de ce pays, c'est-à-dire selon le nom de domaine des documents
indexés: .ca, .fr, .de, .it, etc.
II.
Certains aspects juridiques de l'appropriation d'informations sur Internet
Les méthodes
d'indexation et la recherche d'informations sur Internet sont deux faces d'une même
pièce. Pour se faire connaître, encore faut-il savoir comment l'utilisateur peut nous
retracer. Indexation et recherche sont les maîtres mots de la gestion de contenu : on ne
peut comprendre l'un sans saisir les exigences de l'autre. À l'articulation de ces deux
mondes on retrouve le langage, ou plutôt une forme synthétique du langage : les
mots-clefs. Ils sont ces formules magiques qui ouvrent les portes de la connaissance. Ce
sont eux qui, répondant aux contingences techniques d'Internet, permettent de retracer
une information parmi des milliers d'autres.
Dans un univers
virtuel qui devient principalement commercial, le mot-clef devient l'enseigne de
l'échoppe d'antan. C'est par lui qu'un commerçant affiche son commerce et spécifie
l'étendue de ses activités. Son rôle moteur dans la recherche et la classification
d'informations tient au fonctionnement des logiciels de recherche. Ceux-ci fonctionnent
principalement par mot-clef. Pour cette raison, certains mots-clefs ont plus d'importance
que d'autres, surtout dans des secteurs d'activités commerciales à forte concurrence où
chacun essaye d'attirer le plus de consommateurs possibles.
Tous ces signes sont
l'expression d'un sentiment propriétaire, sentiment consacré, dans une certaine mesure,
par la loi - loi sur les marques, loi sur les appellations d'origine, droit au nom
patronymique, etc. Dans ces cas, le bras du législateur vient frapper les abus et
réprimer les actes qui désorganisent le bon déroulement du commerce. Mais les signes
distinctifs sur Internet sont utilisés de manière particulière, dévoilant d'autres
formes d'usurpation ou de vol de clientèle - d'autres choses auxquelles le mot juridique
manque, ce qui nous fait dire que parfois l'application d'un droit privatif peut être
problématique1. Les débats
soulevés par les noms de domaine et l'application des lois nationales sur les marques de
commerce en sont un exemple2.
Ce qui est valeur est
convoité. Le signe distinctif, qu'on le nomme mot-clef ou marque, n'échappe pas à la
règle. Il faut préciser toutefois que c'est l'information qui est convoitée, celle qui
est indissociable au signe et qui se véhicule avec lui. C'est cette dernière qui fige la
relation clientèle/commerçant dans une continuité économique. Roubier appelait les
droits qui conservent cette relation dans un juste rapport de concurrence, droit de
"clientèle". Certes, le droit de clientèle n'est qu'une classification
doctrinale proposée par l'éminent juriste au début de ce siècle. Mais étonnamment,
elle regroupe deux grandes catégories de droits intellectuels qui sont invoquées à
l'occasion des affaires Internet. Il s'agit principalement, mais pas uniquement, du droit
des marques et du droit d'auteur. Nous verrons qu'il existe d'autres corps de règles qui
viennent parachever ces mécanismes traditionnels de protection.
Internet nous fait
découvrir des aspects inusités de l'utilisation de la propriété d'autrui. Cette
propriété immatérielle est polymorphe et vient à la lumière du droit dans des
situations particulières. Ce sont ces situations que nous avons voulu étudier. Le fait
d'utiliser dans son document source une marque d'autrui est l'une d'elles. En effet, en
introduisant les mots "Microsoft" dans le corps de la programmation d'un
document écrit en langage HTML - donc non visible lors de sa lecture à l'écran,
il est possible de lui donner plus de visibilité : à l'insertion du mot clé
"Microsoft" le moteur de recherche (Altavista par exemple) fera
apparaître aveuglément tous les documents dont le code source contient le mot clé tapé
à l'écran. On comprend aisément que l'emploi des balises META et autres écritures
d'indexation informatique puisse ouvrir la voie à un nouveau type de parasitisme. Ces
commandes sont des indicateurs convoités. Lorsque je place les mots "recherche
juridique sur Internet" entre deux écritures balises META, n'est-ce pas comme
si j'accrochais une "carotte" à la devanture de ma tabagie ? Lorsque l'enseigne
est célèbre, un concurrent peut avec plus ou moins d'habilité attirer une manne de
clients en leur faisant croire qu'il est le destinataire recherché. La marque, le nom, le
logo sont autant de signes distinctifs qui attirent le consommateur. Le mot-clef et
l'indexation ainsi que les logos de certification en sont qui attirent le
cyberconsommateur.
Nous verrons dans une
première partie dans quelle mesure les lois actuelles sont susceptibles d'offrir les
remèdes escomptés par les acteurs économiques d'Internet (A). L'utilisation récente
des signes distinctifs sur Internet, sous forme nominale, noms de domaine y compris, n'est
pas l'unique forme d'appropriation d'informations. On assiste également à une nouvelle
guerre des boutons : la guerre des liens. C'est par la valeur des contenus qu'ils
désignent qu'une banque de données connaîtra le succès commercial. Pour cela, nous
traiterons dans une seconde partie les droits, le plus souvent sui generis, qui
viennent compléter ou affiner les protections légales traditionnelles (B).
A. La protection
des signes distinctifs sur Internet
Certaines de ces
utilisations se font à l'insu de l'utilisateur. Il s'agit principalement de l'insertion
de mots-clefs dans le code source des pages WWW. On obtient ainsi grâce au pouvoir
attractif du mot un classement favorable du documents lorsque l'utilisateur à recours aux
moteurs de recherche(1). On rappellera que les moteurs de recherches ne fonctionnent pas
tous grâce aux balises META (il existe également les commandes <TITLE> par
exemple) et, même pour ceux qui en seraient dotés, les documents soumis sont souvent
entièrement ou partiellement mémorisés. Cela signifie que les mots-clefs peuvent se
retrouver dans la partie visible cette fois à l'écran du document, le logiciel ne
faisant pas la différence entre ce qui est vu à l'écran ou non.
La reproduction d'un
signe distinctif n'est pas toujours illégale. Parfois la loi n'y attache aucun effet. Il
en est ainsi lorsque l'on se place dans une perspective non concurrentielle ou que
certains principes de droit justifient son utilisation. Il faut ainsi distinguer entre le
reproduction passive et la reproduction dynamique (2).
1. L'utilisation
d'un signe distinctif dans le code source d'un document
Le débat autour des
systèmes d'indexation a été initié par l'affaire Oppedahl & Larson . Il
présente de nombreuses analogies avec celui des noms de domaine auquel nous nous
référerons fréquemment.
Les faits de
l'espèce sont forts simples. Le défendeur a placé plusieurs fois les mots
"Oppendahl" et "Larson" dans le code source de son document HTML,
utilisant, pour ce faire, les balises META. Cette astuce technique permet au site de se
classer au côté du site du bureau d'avocats "Oppendahl & Larson" dans la
liste des documents sortis par un moteur de recherche.
Les
demandeurs intentent une action en vue d'obtenir une injonction préliminaire, injonction
qui leur sera accordée3. Étant
donné la nature de la procédure introduite, la décision a une portée limitée. Elle ne
fait pas l'objet de motivations approfondies. Il reste que l'on peut y trouver des
éléments d'étude quant au droit applicable. Au titre de la concurrence déloyale en
droit des marques, ce sont d'abord l'article 43(a) du Lanham Act et les règles de
la common law qui sont invoqués et accueillis. L'article 43(a) Lanham Act offre
des moyens d'action contre toute personne qui :
|
"[...] in
connection with any goods or services... uses in commerce any word, term, name, symbol, or
device, [...] or any false designation of origin, false or misleading description of fact,
or false misleading representation of fact which -- (1) is likely to cause confusion, or
to cause mistake, or deceive as to the affiliation, connection or association of such
person with another person, or as to the origin, sponsorship, or approval of his or her
goods, services, or commercial activities by another person [...]" |
|
La formulation de la
loi est très large et on peut concevoir qu'elle puisse s'appliquer justement à notre
situation. Certains auteurs le contestent4.
Selon ces derniers, et si l'on s'en tient à une interprétation stricte du texte, il
paraît délicat de déduire de la simple incorporation d'un mot-clef un acte qui mène à
la confusion voire à l'erreur telle que prévue par la loi.
En réalité, il est
fort probable qu'en analysant le tableau des résultats l'utilisateur puisse reconnaître,
par l'exercice de son propre jugement, la juste information de la fausse. Certains indices
ne trompent pas : la formulation du nom de domaine et celle de l'URL rendent compte
généralement du contenu d'un site. Le document Playboy.com listé par le moteur
de recherche conviendrait mal au libellé d'une recherche tel que "droit d'auteur sur
Internet". Le nom des fichiers est un élément d'information supplémentaire sur la
nature du site auquel renvoie le lien hypertexte. Pour reprendre notre exemple, la
formulation playboy.com/imembers/porn.html d'un URL peut s'avérer assez explicite.
La lecture attentive des résumés ou du texte qui accompagne les résultats est
également une étape de bon sens. Il reste donc à voir comment les juges relèveront la
confusion ou l'erreur dans ce milieu finalement assez transparent.
La dernière partie
de l'article 43(a) permet à une personne d'obtenir la réparation des dommages causés
par l'utilisation de mots dans des publicités commerciales qui déconsidère
("misrepresents") la nature, la qualité ou les caractéristiques de son produit
ou de ses services. Même si on ne parle plus de confusion cette fois, on peut se demander
si le classement plus favorable d'un document contribue à véritablement
"dénaturer" un produit.
L'analyse des faits
et le contexte qui l'entoure pourra varier et le parasitisme apparaîtra, le cas
échéant, de façon plus ou moins flagrante. Dans l'affaire Insituform5, opposant deux concurrents, le
juge américain n'a pas hésité à délivrer une injonction permanente afin que le
défendeur cesse d'utiliser dans le code source du document les marques enregistrées Insituform
et Insituppie. Le droit des marques reste donc incisif dans des situations de
concurrence franche et lorsque ce sont les produits ou les services eux-mêmes qui font
l'objet de la recherche. Mais parfois, l'utilisation des mots-clefs ne se fait pas au
dépend d'un produit ou d'un service concurrent. Il se peut qu'elle contribue simplement
à rendre plus visible un site qui autrement aurait de la difficulté à se faire
connaître.
Encore ici la
jurisprudence, principalement américaine, nous ait d'un faible secours, le juge faisant
face généralement à des demandes d'ordonnances. On se doit seulement de conclure que le
droit des marques confère dans nombre de situations un appui sérieux à la défense d'un
signe distinctif. Nous verrons cependant qu'il faut distinguer selon qu'il s'agit d'une
reproduction passive ou dynamique de la marque.
2. La reproduction
passive ou dynamique du signe distinctif
Après quelques
réflexions introductives (a) nous analyserons respectivement la reproduction passive (b)
et la reproduction dynamique (c).
a) Éléments
d'introduction
Pour l'instant, les
tribunaux canadiens ne se sont pas prononcés sur l'utilisation d'un signe distinctif dans
le code source d'une page web. Les décisions concernant Internet sont, de manière
générale, encore rares dans notre droit. On rapportera une jurisprudence solitaire
rendue par une cour inférieure de l'Île-du-Prince-Édouard à l'occasion d'un conflit
entre une marque et un nom de domaine. Cette décision, il faut l'avouer, est rédigée de
manière lapidaire6 et, bien que
la solution nous semble juste, elle reste d'un secours limité. Dans cette affaire la
compagnie Peinet, Inc. demande une injonction interlocutoire pour concurrence déloyale -
n'ayant pas de droit fondé en droit des marques - à l'encontre de la défenderesse qui
avait enregistré le nom de domaine pei.net. Le tribunal rejette la demande au
motif que le demandeur n'a pas réussi à démontrer l'élément de confusion7.
En droit des marques,
l'élément de confusion est essentiel. Selon une compréhension classique, elle doit
porter sur des produits ou services. Or, en l'espèce, aucune preuve n'aurait
vraisemblablement pu supporter un requête en contrefaçon. L'emploi par le défendeur du
mot Peinet dans des adresses électroniques libellées pei.net n'a pas été un
élément suffisant pour prouver la confusion ainsi que la contrefaçon de marque. Le fait
que la marque Peinet ait été utilisé comme une marque dans pei.net. n'a
pas convaincu le juge.
On rencontre une
difficulté similaire lorsque la marque est utilisée à des fins d'indexation. Il n'est
pas certain que l'utilisateur ne puisse pas distinguer par lui-même l'information
pertinente de celle parasitaire et reconnaître ainsi la véritable origine du
signe.
Il faut ajouter que
le principe de spécialité, fort connu en droit des marques, restreint le champ de
protection de ce droit. Une même marque peut être utilisée dans des secteurs
commerciaux différents. Pour qu'il y ait contrefaçon ou atteinte à l'activité
commerciale il faut qu'il y ait d'abord reproduction de la marque puis violation d'un
droit. Ce lien entre reproduction et violation d'un droit n'est pas automatique, le
premier ne menant pas irrémédiablement au second.
C'est ici qu'il nous
faut présenter la distinction entre reproduction passive et reproduction dynamique -
distinction que l'on ne trouve pas, à notre connaissance, dans les écrits de doctrine.
Il nous semble toutefois important de l'avancer puisqu'elle permet de comprendre le
mécanisme de la responsabilité légale statutaire8.
b) La reproduction
passive
La reproduction
passive est la reproduction du signe distinctif sans que l'on attache à celle-ci des
faits qui, du point de vue de celui qui reproduit le signe, pourraient donner naissance à
des effets juridiques spécifiquement prévus par le droit des marques. On pourrait
y voir, à l'image du droit d'auteur, l'existence d'une utilisation équitable de la
marque.
Mais qu'entend-on par
effets spécifiques ? Il est un présupposé que la reproduction, pour contrevenir
aux règles du droit des marques, doit vicier le bon déroulement des affaires ou à
toutes fins utiles entrer dans l'objectif législatif général de la protection des
marques. C'est ici que l'on circonscrit le champ d'application de ce droit. Parfois,
cependant, la reproduction est initiée en vertu d'un autre droit privatif ou à des fins
autres que l'immixtion dans ce champ légal de protection. Certaines utilisations,
notamment, devront être analysées à la lumière de principes constitutionnels9.
La Cour
d'appel nous a offert très récemment un exemple très intéressant de reproduction
passive. Dans l'affaire Michelin, le juge Teitelbaum refuse de sanctionner
l'utilisation par un syndicat du Bibendum Michelin et de la marque Michelin,
tout deux reproduits sur des pamphlets distribués à des fins de revendication syndicale.
Le juge reprenant la jurisprudence Clairol 10s'exprime en ces termes :
|
"The
Defendants' actions in this particular instance do not fall under the ambit of
"use" of marks in association with wares or services under Section 20 and
Section 22 of the trade-marks Act. The fact that the union organizing activities might
have reaped financial rewards does not alter my crucila determination that Trademarks were
not "used" in association with wares or services under Section 4(1) criteria for
"use". There can be no use in association with wares under Section 4(1) requires
association during the ordinary course of trade. Handing out leaflets and pamphlets to
recruit members into a trade union does not qualify under that test as commercial
activity". |
|
Par extrapolation
seulement, on infère de certaines utilisations parasites, des effets indirects affectant
ce que l'on peut appeler l'image de marque11.
Dégagée par la jurisprudence, il s'agit d'une zone grise aux contours des droits
privatifs. Ce sont alors les droits de responsabilité délictuelle qui s'appliquent. Sous
ce terme générique "d'image de marque" on regroupe tous les éléments d'une
entreprise qui ont une valeur pour le rayonnement de la marque et qui ne présupposent pas
forcément reproduction de celle-ci.
Peut-il y avoir
ouverture d'une action contre la reproduction d'une marque sans qu'il y ait confusion ?
Songeons à la marque Microsoft reproduite servilement dans le code source d'une
page HTML présentant des recettes de cuisine ou une suite de photos de famille. La
solution va varier, selon les pays, en fonction du caractère déclaratif ou attributif du
dépôt de marque
En droit
français, le dépôt de la marque est en principe attributif12 de droit, ce qui crée ainsi une présomption de
confusion à l'égard des signes identiques désignant les mêmes produits. Le droit
existe du seul fait de l'enregistrement. C'est alors à la défense de prouver une
antériorité ou l'extinction du droit du titulaire des droits sur la marque, par exemple,
le non-usage. En général, l'enregistrement permet d'opposer un droit qu'il est très
difficile de contester quand bien même il s'agirait de produits ou de services
différents. La présomption joue donc ici un rôle crucial et s'étend parfois hors de
son cadre législative originel. Le 21 août 1997, un tribunal de première instance
français a sanctionné l'utilisation du nom de domaine Saint-tropez.com par une
entreprise commerciale. Selon la Cour, le nom de domaine contrefait la marque Saint Tropez
régulièrement enregistrée par la commune du même nom13. Cet arrêt est intéressant dans la mesure où la Cour
fait référence à la seule notion de "mot-clef" pour confirmer la confusion et
affirmer le droit que confère l'enregistrement :
|
"Constatant
que la société Eurovirtuel, prétend que le site Saint Tropez, qu'elle exploite, ne
pouvait subir de confusion avec celui de la collectivité propriétaire de la marque, dans
la mesure où son adresse comportait une extension com et qu'un avertissement destiné aux
utilisateurs précédait l'accès aux informations mises à leur disposition en les
avisant qu'ils n'accédaient pas aux renseignements diffusés par la commune de
Saint-Tropez; Que ces moyens ne résistent pas à l'examen en l'état de l'aveu même de
la société Eurovirtuel, qui dans un courrier en date du 5 mars 1996, a précisé que la
procédure d'accès au site Saint-Tropez, était simplifiée par la recherche du mot clé
"Saint Tropez"14 |
|
En droit canadien, le
dépôt est déclaratif, il confirme un droit que l'usage à fait naître. L'existence du
droit précède donc le dépôt15.
Dans ce cas, ce n'est pas tant la reproduction de la marque que l'on cherchera à
prévenir mais surtout le risque que la clientèle se méprenne sur le produit ou le
service. La simple reproduction matérielle de la marque est certes un élément
nécessaire mais ne sera pas toujours assortie d'effets juridique. C'est la notion pivot
d'usage qui fait basculer le mécanisme juridique du côté de la responsabilité ou non.
Ainsi que nous l'avons vu avec les conclusions de l'affaire Michelin, les textes
des articles 19, 20 et 22 LMC ont été interprétés de manière stricte. De la même
façon que l'usage est nécessaire pour l'acquisition du droit, il faut, pour qu'il soit
sanctionné, que l'on puisse démontrer qu'il y eu usage de la marque au sens de l'article
4(1) de la loi. La question se teinte d'un nuance supplémentaire : la reproduction
conduit-elle à un usage prohibé ? En l'état actuel de la jurisprudence canadienne, on
ne pourrait certainement pas opposer un droit de marque à la personne qui a enregistré
un nom de domaine sans créer de site (par exemple pour réserver son propre nom
patronymique) ou encore lorsqu'il attribue à un site un contenu sans aucun lien avec la
marque. De la même façon, l'utilisation d'un mot-clef pour indexer une page vierge,
banale, ou contenant des revendications syndicales - comme dans l'affaire Michelin
- ou autres entraînerait les mêmes conclusions.
En droit canadien
donc, c'est bien plutôt la reproduction dynamique que le titulaire d'une marque pourra
faire cesser. Le test est donc celui de l'usage prohibé plutôt que celui plus succinct
de simple reproduction. En droit français, étrangement, un test semblable au premier est
utilisé pour qualifier l'acte de concurrence déloyale et non celui de l'acte de
contrefaçon stricto sensu qui ne requiert pas de la part du demandeur de prouver
l'effet dommageable de la reproduction. Comme nous le verrons au sujet de la reproduction
dynamique (ou active), le droit canadien, compris de manière large, s'apparente au droit
français lorsqu'on en vient à considérer l'action en concurrence déloyale ou celle
permettant de protéger le marque renommée.
c) La reproduction
dynamique
La reproduction
dynamique se déduit, a contrario, de la définition de la reproduction passive :
il y a reproduction dynamique lorsque les effets juridiques de la reproduction entrent
dans le champ légal de protection. Dans ce cas, on applique un critère d'appréciation
objectif : on examine l'interaction entre les faits et les effets qu'ils produisent à la
lumière d'un contexte commercial donné. C'est dans ce cadre que s'apprécie le critère
à contenu variable de la confusion. Les tribunaux canadiens seraient bien inspirés de
suivre la solution dégagée par la Cour américaine dans l'affaire Insituform16. Le litige opposait deux
concurrents. L'un d'eux avait placé la marque de son rival entre les balises META. Dans
ce contexte, l'emploi de la marque d'un autre va au-delà de la simple reproduction
passive : le détournement de la clientèle vers ses produits ou ses services est le but
recherché. L'acte matériel ainsi posé n'est pas détachable de ses effets. La
reproduction dynamique conduit à s'assurer qu'un intérêt commercial juridiquement
protégé a été créé. C'est-à-dire que de la ressemblance entre deux signes est
susceptible de constituer un détournement de clientèle.
Rappelons que de
manière générale, la question de la confusion ouvre le champ à trois actions qui
peuvent être conjointes : l'action en contrefaçon proprement dite (art. 6, 20, 22 LMC)
qui peut viser à sanctionner un délit (art. 406 et s. Code criminel) ou constituer le
fondement d'une action en concurrence déloyale soit "statutaire" (art. 7 LMC)
soit relevant de la responsabilité délictuelle de droit commun17 (action de common law
ou passing off ou selon les règles de la responsabilité civile du Code civil du
Québec).
La distinction entre
ces trois recours réside principalement, selon nous, dans les règles de preuve. La
notion de confusion reste l'élément essentiel puisqu'elle fait corps avec le fait que
l'on cherche à réprimer : la concurrence déloyale ou l'acte parasitaire. Si en droit
français il n'est pas besoin de recourir plus qu'il n'est nécessaire à la notion de
confusion proprement dite pour l'action en contrefaçon, puisque l'existence d'activités
un moindrement concurrentes et la reproduction de la marque suffisent, le succès d'une
action en concurrence déloyale en dépend étroitement. En droit canadien elle est au
coeur à la fois de l'action en contrefaçon et de celle pour concurrence déloyale qui
est codifiée dans la loi sur les marques de commerce.
Il faut ajouter que
de tous ces recours, celui fondé sur le droit des marques est souvent le plus recherché.